Questionner nos friches culturelles

PiNG a lancé début 2019 un groupe de travail d’archéologie culturelle et d’enquêtes ouvertes sur la notion de friches. Les premières séances ont permis à chacun de partager ses expériences et points de vue, un des objectifs étant le croisement et la génération d’études sur le sujet, de mettre en perspective sur Nantes et l’ailleurs des imaginaires de friches possibles…

Introduction

Nous vivons dans ce qui est annoncé comme une époque en transition(s) (numérique, écologique, démocratique) au sein de laquelle les organisations collectives sont largement modifiées par un mouvement de mondialisation. Cette mondialisation a provoqué et provoque encore différents exodes, reconfigurant l’urbanisation des villes.

De nouveaux concepts comme les « Smart City », centrés sur l’usage des technologies, puis du « smart citizen » basé sur l’habitant-usager, ont fleuri ces dernières années. Cela se traduit d’une part par des théories et pratiques homogénéisées depuis une dizaine d’année, non sans que soit pointées du doigt les menaces sur la démocratie que soulève l’arrivée de villes intelligentes. D’autre part, les services et activités du secteur culturel ont, dans une certaine mesure, été dirigés comme solutions de cohésion, de diversité, voire de mixité sociale. Parallèlement, la « culture » est devenue un facteur de développement et d’attractivité pour les villes. Un consensus s’est donc dégagé reconnaissant ‘la culture comme valorisation des territoires dans la concurrence urbaine », et les politiques publiques s’activent depuis plus de trente ans dans ce sens.

Depuis peu, l’arrivée du concept de « tiers lieux culturel » apporte une nouvelle démonstration de l’usage des actions culturelles (jouant avec le trio : restauration rapide / bière locale / yoga comme concept novateur) au profit d’une logique économique d’aménagement et d’une gentrification assumée.

Nous pouvons considérer que les lieux et institutions culturelles assimilent les émergences urbaines et proposent des espaces de médiation et d’action culturelle dont la diversité et l’autonomie serait à questionner. Nous ferons l’analyse des activités décrites par la suite dans un contexte sociologique analysant le rapport aux publics, le lien avec les pouvoirs publiques et les enjeux de développement économique et social d’un territoire. La « culture » n’est pas uniquement celle des musées, des cinémas et opéras, mais aussi celle de lieux culturels pluridisciplinaires à la croisée des activités socio-culturelles, artistiques et sociales. De la structuration de l’offre des salles de « musiques actuelles » aux friches culturelles, en passant par les squats artistiques, l’émergence de tels lieux a ouvert ce qui a été nommé une « nouvelle époque d’action culturelle ».

Comment ré-ouvrir des interrogations déjà formulées par les travaux et études comme celui de Michel Dufour sur les friches culturelles. Comment le public s’approprie-t-il un lieu ? Sur quelle base la programmation s’effectue t-elle ? Comment associer adhérent, usager et public d’une activité associative ? Ces lieux ont-ils une réelle influence sur le quartier ou la ville dans lequel ils sont implantés ? Quelles professions et compétences entrent en action pour les animer ? Comment soutenir l’émergence de nouveaux espaces ou comment ré interroger ceux existant ? Peut-on développer des politiques culturelles affranchies de toute logique marchande ?…

Recherche-(ré)action

Dans la dynamique des productions du LISRA sur les tiers-espaces, nous ouvrons un dispositif basé sur un groupe Facebook Psychanalyse des friches, des temps d’échanges et un espace de documentation en ligne.

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