Le livre-objet – 2018/2019

Livre-objet ? Objet-livre ? Différents formats de livres peuvent se cacher derrière ces appellations : livres pop up, livre à tirettes, à disques , livres accordéon, « arquelinades », livres-tunnels, livres à images transparentes, à illusions d’optique etc. Chercher à définir la notion de livre-objet nous a amené à prendre en compte la difficulté de faire rentrer cette terminologie dans des cases. Nous sommes face à des objets d’exception, bouleversant perpétuellement les codes du livre. Des objets qui souvent s’inscrivent dans la lignée des livres d’artistes.

Alexandre Mare, commissaire d’exposition, écrit pour Art press dans son article Petite géographie du livre d’artiste :

« Il est difficile de délimiter la catégorie à laquelle appartient le livre d’artiste car sa définition et son champ de production fluctuent. Objet éditorial et artistique, il est à la lisière entre deux mondes, où le lecteur devient spectateur. À la différence du livre qui peut être identifié comme objet culturel et comme marchandise, le livre d’artiste est pris dans des contradictions ontologiques et historiques qui empêchent d’en fixer la définition : il peut aussi bien s’intituler livre-sculpture, livre peint, portfolio, livre unique, magazine d’artiste, fanzine d’artiste, artist’s book, book of artist, ouvrage de bibliophilie, livre illustré, livre d’atelier, etc. »

Protéiforme, le livre-objet fait appel à différentes techniques et matériaux. Il mêle technique et esthétique et le fond et la forme sont intimement liés. Ses contraintes de production sont fortes pour les éditeurs, de l’auto-édition aux grandes maisons, et souvent uniques à chaque livre. C’est, dès lors, un sujet de recherche infini pour le programme d’exploration Papier/Machine !

« Il y a là sans aucun doute une possibilité de produire autrement l’objet-livre dans la limite de la définition des fablabs (du prototypage et pas de la série). Produire avec sens mais avec d’autres outils. Toucher du doigt les possibilités d’une production industrielle appliquée à une production artisanale et artistique. Ouvrir des portes. Faire de l’unique ambitieux, expérimenter et partager. »

Extrait de l’article Livre-objet, objet-livre, écrit par Yanaita Araguas

Les temps forts

De 0.Camp à Récits-Nature, PiNG a questionné la notion d’anthropocène en invitant artistes et scientifiques à confronter leur(s) appréhension(s) de ce sujet. Au cours de ce projet, des artistes et scientifiques ont créé des objets, performé des contes sonores, conçu un récit graphique.

Afin de compléter ces travaux créatifs, PiNG a invité les étudiant(e)s de la filière graphique de l’EDNA à créer, le temps d’un workshop, leur propre récit de la catastrophe environnementale et à imaginé et fabriqué un livre-objet autour de ce(s) sujet(s).

À l’invitation de PiNG et son exploratrice associée, 6 artistes d’univers différents sont venus au sein du fablab Plateforme C explorer en binômes le thème du livre objet.

Adelaïde Gaudéchoux, plasticienne, et Alice Rizio, artisan imprimeur

Leur projet s’est fondé sur l’envie de travailler autour des possibilités du papier avec de la découpe, du piqué afin d’aller creuser dans le matériau. Le sujet choisi pour le livre est celui d’un carré de fouille autour du Kourgane Scythe, mixant couches de papier et dessins.

Vincent Renaï, relieur d’art, et Billy Sérib, artiste sérigraphe

Leur livre-objet est un écho à leurs engagements militants au service des mouvements trans/pédé/féministes. Un livre dans lequel des insultes se transforment en « emblèmes » des minorités de genre et sexuelles, révélés par leurs travaux à la découpeuse laser et à la brodeuse numérique, notamment.

Consulter la note d’intention de ce projet

Yanaita Araguas, artiste imprimeur, et Marion Jdanoff, illustratrice

« Tenter teinter » se présente sous la forme d’un nuancier textile grâce auquel on peut mettre en relation 3 bandelettes de tissus teints pour créer des correspondances. À la base de ce travail, l’envie pour ces deux artistes de trouver un terrain neutre pour fabriquer un livre ensemble en dehors de leur champ d’action habituel, bien qu’avec une certaine continuité (des couleurs pour Marion, des matières naturelles pour Yanaïta).

Consulter la note d’intention de ce projet

Telle une aparté dans le thème du livre-objet, nous avons accueilli 22 étudiant·es de l’École des Beaux-Arts de Nantes pour expérimenter les potentiels de création graphique du fablab, autour de la série et de la carte postale. Un premier temps de découverte réciproque, riche en perspectives pour les années à venir.

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